17 JUILLET 1453 : LA BATAILLE DE CASTILLON

 

17 JUILLET 1453 : LA BATAILLE DE CASTILLON

La bataille de Castillon eut lieu le 17 juillet 1453 entre les armées d’Henri VI d’Angleterre et celles de Charles VII de France. Ce fut la dernière bataille de la Guerre de Cent Ans, une victoire décisive pour les Français et l’avènement de l’artillerie moderne. Cette victoire va être le basculement du Moyen Âge vers une nouvelle ère militaire fondée sur la poudre à canon et l’art de la guerre.
La France va développer sous Charles VII une artillerie de campagne, grâce au soutien de son argentier Jacques Cœur, à l’expertise des frères Bureau et du balisticien Louis Giribault. La France va mettre en place une artillerie de campagne, bien distincte de l’artillerie de siège.
Le 13 juillet 1453, les Français installent un camp fortifié à l’Est du bourg de Castillon. Près de 700 ouvriers y construisent des fortifications pour les 200 pièces d’artillerie : bombardes pour le siège, couleuvrines, serpentines et ribaudequins pour le combat mobile. Un arsenal redoutable, inédit à l’époque.


COULEUVRINE

SERPENTINE

RIBAUDEQUIN (à canons multiples)

BOMBARDE DU XV° SIÈCLE

Le 14 juillet, les bombardes françaises commencent à pilonner les fortifications anglaises, en tirant des boulets de pierre avec ces imposants canons de bronze ou en fer. Le 17 juillet, l’armée anglaise et ses alliés gascons, commandée par lord Talbot, entre en scène. Après quelques escarmouches avec les archers français à l’Est de la ville, Talbot décide d’attaquer le camp français qu’il pensait vulnérable. Il n’en est rien. De part la topographie des lieux, les Anglais sont contraints de combattre à pied et s’élancent contre un véritable mur de feu.
Couleuvrines à main, serpentines et ribaudequins déclenchent une véritable tempête de feu. Les pertes sont terribles. D’après un compte-rendu de l’époque : « …à chaque tir, cinq ou six hommes tombaient, tous morts ». La puissance de feu des français désorganise complètement l’assaut anglo-gascon. Dans la confusion, la cavalerie française entre en scène et charge les survivants, appuyée par les tirs continus de l’artillerie. Talbot est tué, sa monture abattue. Un monde s’effondre, le monde chevaleresque est face au monde moderne.

Le lendemain, l’artillerie française réoriente ses bombardes vers la ville, et après trois jours de siège et sans espoir de renfort, les Anglais capitulent. Bordeaux tombe peu après, mettant fin à la guerre de Cent Ans.

Le 17 juillet 1453 marque un tournant dans l’Histoire de France. Devant la place forte de Castillon, soutenues par les cavaliers de Pierre II duc de Bretagne, les troupes de Charles VII commandées par Jean de Breuil et les frères Bureau se confrontent une dernière fois aux forces anglaises. Castillon n’est pas seulement une victoire militaire, c’est un tremplin vers la modernité. L’armée française y dévoile une tactique novatrice fondée sur la puissance de feu, la coordination des armes et la supériorité tactique. L’artillerie, qui jusqu’alors était considérée comme un outil secondaire, devient un élément fondamental de la guerre.

La bataille de Castillon marque ainsi une rupture dans l’histoire militaire. Pour la première fois, l’artillerie de campagne démontre qu’elle peut non seulement soutenir un siège, mais aussi jouer un rôle décisif en combat ouvert. L’arc long anglais est relégué au rang d’arme obsolète. Les canons vont traverser les siècles, jusqu’aux guerres napoléoniennes, les guerres mondiales, et de nos jours, le fameux canon français « caesar » en Ukraine.