Au fil des siècles, la moyenne d’âge des aînés a évolué. Au Moyen-âge par exemple, 40 ans était la limite de la plupart des gens du peuple. De nos jours nous vivons bien plus longtemps grâce à l’évolution de la médecine et des conditions de vie.
À l’aube de l’humanité, les hommes préhistoriques vivaient dans des conditions rudes et l’espérance de vie ne dépassait pas 30-35 ans. Avec la découverte du feu et l’apprentissage des plantes comestibles, les hommes d’il y a 30 000 ans ont pu voir leur espérance de vie s’allonger.

« Hommes des cavernes »
L’homme des cavernes est en fait un mythe qui découle d’une mauvaise interprétation des archéologues du XIXème et XXème siècle. Les humains de la préhistoire vivaient à l’air libre. Vestiges retrouvés dans les grottes, peintures rupestres ont fait croire pendant longtemps à l’homme des cavernes. Les chasseurs-cueilleurs étaient nomades et plantaient plus facilement une « tente » que de chercher une grotte, souvent avec un ours comme locataire.
L’invention de l’écriture, environ 3 000 ans avant J.C., va marquer le début de la période de l’Antiquité et des différentes civilisations, Grecs, Romains, Celtes, Germains, Étrusques. L’espérance de vie à ce moment-là était de 50 ans, seule une minorité arrivait à l’âge de 60-70 ans. An 476, c’est le début de la période du Moyen-âge. L’espérance de vie est de 40 à 60 ans et les touts premiers centres de soins appelés hospices voient le jour en France. Évidemment, ce sont les gens d’église qui ont la charge des hospices. Le premier hospice (maison de retraite) date du XIIIème siècle, il était situé près de Montauban de Luchon et appartenait aux Hospitaliers.
Il faudra attendre les années 1800 pour assister à la mise en œuvre de nombreux établissements publics. À cette époque, l’espérance de vie était encore de 60 ans, mais les mœurs ont évolué. Particulièrement dans les campagnes, trois générations vivaient sous le même toit et les grands parents ne souffraient pas de solitude et avaient un rôle majeur dans l’éducation de leurs petits-enfants.
Depuis quelques années, l’espérance de vie de l’humain a connu une augmentation spectaculaire, grâce à la médecine, à la politique pour le 3ème âge, mais aussi à l’évolution des mentalités. En 1900, il y avait une centaine de centenaires en France. En 2000, 8100, et au 31 décembre 2025, les retraités centenaires du régime général étaient au nombre de 31422.
Il est désormais plus rare de voir plusieurs générations vivre sous le même toit. Les séniors actuels font le choix du maintien à domicile en préservant leur autonomie le plus longtemps possible. Ceux qui nécessitent des soins particuliers sont quant à eux, sont confiés à des structures d’accueil spécialisées (EHPAD), maison de repos …
Au XVIIIème siècle, avec l’industrialisation et l’exode rural, les liens familiaux se distendent et la question du logement des personnes âgées devient plus pressante. L’État commence à intervenir davantage en créant des hospices ou asiles spécifiques pour les vieillards.

Après la Seconde guerre mondiale, la France met en place un système de protection sociale plus structuré, avec la création de la Sécurité Sociale en 1945. Ce qui permet aux personnes âgées de bénéficier d’une pension de retraite et donc de meilleures conditions de vie.
Entre 1950 et 1960, les premières maisons de retraite modernes apparaissent et se distinctes des hospices. Elles offrent un hébergement aux séniors autonomes, cependant, ces établissements ne sont pas encore médicalisés. Ce sera fait entre 1970 et 1980, face au vieillissement de la population et donc à l’augmentation du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie, les pouvoirs publics prennent conscience des besoins. La loi du 30 juin 1975, donne un délai de dix ans aux pouvoirs publics pour la transformation des hospices en maison de retraite médicalisée ou non, le terme « hospice » est définitivement supprimé.
Dans les années 1990, la médicalisation des maisons de retraite devient une priorité. Les gouvernements successifs mettent en place des réformes pour améliorer la prise en charge des résidents. La loi du 2 janvier 2002 sur l’action sociale et médico-sociale instaure officiellement les EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes). Les EHPAD se distinguent des maisons de retraite classiques par plusieurs aspects :
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- Une prise en charge médicalisée avec signature d’une convention avec l’ARS (Agence Régionale de Santé) pour garantir une présence médicale et des soins adaptés.
- Une équipe pluridisciplinaire composée de soignants, aides-soignants, infirmiers, des médecins coordonnateurs.
- Un hébergement adapté à la dépendance avec des chambres et espace communs adaptées pour la sécurité et le confort des personnes en perte d’autonomie.
- Un cadre réglementé. Les tarifs et les prestations sont encadrés, et les établissements sont soumis à des contrôles.
La création des EHPAD a permis de professionnaliser et d’uniformiser la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Cependant, plusieurs problèmes persistent ; le coût des maisons de retraites, la pénurie de personnel soignant et sans doute la nécessité de repenser l’accompagnement des aînés dans une société où le maintien à domicile est de plus en plus privilégié.
Quatre ans après l’affaire Orpea, qui avait levé le voile sur les cas de malversations financières et de maltraitances, l’État a contrôlé quelque 7 500 établissements. Le nombre de séniors augmente fortement ainsi que l’espérance de vie, une voie pour faire du business avec les plus fragiles de notre société où l’argent est roi.
Sous la IIIème République, le sort des « vieillards » devient un enjeu électoral. Déjà à ce moment-là commence le bal des visites des hommes politiques en campagne dans les établissements. Le terme « vieillard » avait été inventé par l’assistance pour qualifier les individus au nom de l’âge. Dans les grandes structures le terme d’administrés est davantage utilisé, il a aussi les pensionnaires, terme utilisé pour qualifier les gens qui payent une pension.
Dans les années 70, la critique sur le modèle de l’hospice va venir de l’opinion. La Vieillesse de Simone de Beauvoir, publié en 1970, illustre bien le phénomène de rejet du système. Dans son essai La Vieillesse, elle dénonce la façon dont la société capitaliste rejette les personnes âgées. « Il n’y a qu’une solution pour que la vieillesse ne soit pas une parodie absurde de notre vie antérieure, c’est de continuer à poursuivre des fins qui donnent un sens à notre existence ».

Les grandes entreprises se sont également mises de la partie. L’EHPAD géré par l’action sociale d’EDF-GDF est la Résidence Pierre Campagnac, situé à Andilly dans le Val d’Oise. Les anciennes maisons de retraite gérées par la SNCF ont été transférées au Groupe SOS Séniors. Les maisons de retraite pour anciens combattants sont des structures médicalisées spécialisées telles que l’Institution Nationale des Invalides à Paris ou l’EHPAD de Montmerency. Bleuets de France couvre un réseau de 86 EHPAD présents dans 53 départements offrants 3 153 places. Trois établissements de santé sont réservés aux assurés de la CNMSS (Caisse Nationale Militaire de Sécurité Sociale), à Ploemeur dans le Morbihan, à Fréjus dans le Var et à Saclay dans l’Essonne.
Pour 2027, le gouvernement annonce que les EHPAD devront s’appeler « Maison France Autonomie ». L’objectif est de changer le regard sur le vieillissement. Sur le terrain, les acteurs du secteur oscillent entre compréhension de l’intention et attentes fortes de transformations concrètes, ils appellent à des réformes structurelles et des financements adaptés.

LES CHANGEMENTS ???