LE WAGON DE L’ARMISTICE

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Les armistices du 11 novembre 1918 et du 22 juin 1940 entre l’Allemagne et la France furent signés dans un wagon, à l’origine une voiture-restaurant (n° 2419 D) de la Compagnie Internationale des wagons-lits (CIWLT), livré à la CIWLT le 20 mai 1914. Ce wagon assura ses premières liaisons au départ de Paris-Montparnasse vers la Bretagne, puis, sur le réseau de l’Etat vers Bordeaux et Rennes, puis sur le réseau de l’Est. Son dernier parcours (civil) sera Paris-Thionville en août 1918.

En octobre 1918, le wagon-restaurant fut transformé en wagon-bureau et incorporé dans le train d’état-major du maréchal Foch (28 octobre 1918). C’est ainsi que le wagon historique fut placé dans la Clairière de Rethondes, dans la forêt de Compiègne. C’est à cet endroit que fut signé l’Armistice du 11 novembre 1918. Sa réquisition fut levée en septembre 1919. Le gouvernement de G. Clémenceau ayant demandé à la CIWLT de lui céder cette voiture pour l’exposer au musée, la CIWLT décida d’en faire don à l’Etat. Pendant six ans, du 28 avril 1921 au 8 avril 1927, le wagon de l’Armistice sera exposé dans la cours des Invalides. Grâce à l’initiative du député-maire de Compiègne, Mr. Fournier-Sallovèze et à la générosité d’un Américain, Mr. Henri Flemming, le wagon de l’Armistice pu être placé dans un abri en 1927 où il resta jusqu’en 1940.

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 Seule photo autorisée, le Maréchal Foch après la signature de l’Armistice

L’armistice du 22 juin 1940, cette fois-ci demandé par la France, fut signé dans le même wagon historique placé exactement au même endroit, par la volonté d’Adolf Hitler. Un désir de revanche envers la France qui avait humilié l’Allemagne à la fin de la Première guerre mondiale. Après la signature de l’armistice du 22 juin 1940, le wagon fut transporté en Allemagne, par la route, jusqu’à Berlin, où il fut exposé une semaine devant la Porte de Brandebourg. Puis, il fut remisé sur une voie de service à Anhalt. En 1944, le wagon fut évacué vers Ohrdruf (Thuringe) où il fut détruit par les SS, sur ordre d’Hitler, alors que les Alliés entraient dans la ville.

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 1940, les rôles sont inversés.

Le 20 juin, l’organisation Todt, casse une partie du bâtiment pour pouvoir déplacer la voiture et la remettre dans la clairière à une centaine de mètres de là. Le 21 juin commence les négociations d’armistice ; le lendemain, 22 juin 1940, à 18 h 52, celui-ci sera signé.

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 Les Allemands avaient détruit l’abri-Musée pour en extraire le wagon…

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 …puis remettre le wagon au même endroit qu’en 1918.

Le 24 juin, sur ordre d’Hitler, la voiture est convoyée par la route à Berlin où elle est exposée une semaine devant la porte Brandebourg, puis au Lustgarten où la population peut le visiter en cotisant pour le Secours populaire allemand.

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La clairière de Rethondes fut rasée sur ordre d’Hitler, les monuments démontés et la zone labourée et cultivée.

Evacuée de Berlin en 1944, elle est mise à l’abri en Thuringe, à Ohrdruf Buchenwald. Elle est brûlée par le SS en avril 1945 sur ordre d’Hitler suite à l’avancée des troupes Alliées.

Après la chute du mur de Berlin et la réunification de l’Allemagne, à Ohrdruf, qui se trouvait en RDA, on découvre que certains vestiges de la voiture n’avaient pas brûlé (le blason de la compagnie ferroviaire, lettres de la voiture et main-montoire dans la voiture). Ces vestiges avaient été récupérés par les habitants et furent rendus à la France en 1992.

Un wagon appartenant à la même série (n° 2439 D), aménagé à l’identique l’a remplacé dans la Clairière de Rethondes depuis le 11 novembre 1950, date de l’inauguration du musée.