BARTHÉLÉMY THIMONNIER, L’INVENTEUR DE LA MACHINE A COUDRE

L’INVENTEUR DE LA MACHINE A COUDRE, LE VRAI, UN PIONNIER NÉ AU MAUVAIS ENDROIT AU MAUVAIS MOMENT

Barthélémy Thimonnier est né en 1793 dans une France déchirée par la Terreur. D’une famille modeste, dont le père originaire de Lyon, est teinturier à Abresle, dans le Rhône. Barthélémy est l’aîné de sept enfants. Il fait ses études au séminaire à Lyon, puis il sera apprenti chez un tailleur. Il évolue si bien qu’à l’âge de 16 ans, il se met à son compte.

En 1823, il a 30 ans, il s’installe à Saint-Étienne. Tandis qu’il maniait ciseaux et aiguilles, son esprit inventif imaginait un engin capable de simplifier son travail en cousant mécaniquement. Sa seconde épouse était brodeuse et il avait remarqué le point de chaînette qu’elle utilisait pour broder au crochet et la rapidité avec laquelle elle formait les points de manière presque mécanique. C’est ce que voulait Barthélémy, pouvoir coudre mécaniquement.

Il mettra six ans, de recherches, de tâtonnements, avant de mettre au point le premier modèle de ce qu’il nomme sa « couseuse à fil continu ».

LA PREMIÈRE COUSEUSE MISE AU POINT PAR BARTHÉLÉMY THIMONNIER

C’est un modeste appareil entièrement en bois qui permet pour la première fois de réaliser mécaniquement un point de chaînette. Il fait environ 200 points à la minute, alors qu’un ouvrier qualifié en fait 30. Les machines actuelles en font environ 5 000.

LA PREMIÈRE COUSEUSE N’A PAS DE MOUVEMENT D’ENTRAÎNEMENT DU TISSU. L’ENTRAÎNEMENT SE FAIT EN POUSSANT LE TISSU AVEC LES DEUX MAINS.

Barthélémy Thimonnier est très pauvre et sans réseau personnel pour l’aider. Il va demander à un ingénieur, Auguste Ferrand, de dessiner les plans de la machine et à avancer les fonds pour la demande de brevet. Le brevet sera accordé en juillet 1830. En échange de son aide, Ferrand est désigné comme co-créateur de l’appareil.

Les choses s’accélèrent. Les deux associés montent à Paris pour présenter la couseuse au public de la Foire de Paris (juin 1830). Ils trouvent des investisseurs. La maison Germain & Cie est fondée, c’est la première société « ayant pour but unique et spécial d’exploiter, tant en France qu’à l’étranger, l’invention faite par les sieurs Thimonnier et Ferrand d’une machine à coudre et, s’il y a lieu, de sa dérivée ». Les deux associés s’installent au 155 rue de Sèvres et ouvrent le premier atelier de confection mécanique du monde, avec 80 machines. La société décroche un contrat important pour fabriquer des uniformes pour l’armée.

Barthélémy développe sa machine pour les tailleurs. Elle doit remplacer le travail manuel des ouvriers, réduire les coûts et les délais. Les couseuses sont immédiatement rejetées par la profession. Les tailleurs surnomment cette machine les « casses-bras » et accusent de voler leur travail. En janvier 1831, un groupe d’environ 200 tailleurs saccage l’atelier de Thimonnier et menace l’inventeur.

Le contexte politique du moment a certainement pesé sur la réaction violente des tailleurs. En France, l’année 1831 marque le début des grandes révoltes ouvrières de l’ère industrielle.

LA RÉVOLTE DES CANUTS DÉTRUISANT LES MÉTIERS À TISSER DE JACQUART À  LYON

En mars, à Paris, lors des émeutes de juillet 1831, les ouvriers réclament « de l’ouvrage et du pain ». En novembre face à la révolte des canuts qui veulent « vivre en travaillant ou mourir en combattant », la ville de Lyon doit être évacuée.

Les couseuses de Barthélémy Thimonnier arrivent dans ce contexte de perturbations sociales. Les injures et les menaces des professionnels de la couture, la destruction de ses machines font que Barthélémy quitte la Maison Germain & Cie et Paris pour retourner à Amplepuis où il reprend son activité de tailleur journalier.

Mais il ne baisse pas les bras pour autant. Il revient à Paris avec un nouveau modèle de machine. Il dépose de nouveaux brevets de son modèle de « métier à coudre à point arrière ». Malheureusement, l’appareil suscite l’indifférence. Sans un sou en poche, il décide de revenir à Amplepuis. Pourtant, son idée est reprise par l’Américain Walter Hunt et fera plus tard la fortune d’Elias Howe et d’Isaac Singer.

En 1847, un nouveau mécène, l’avocat Jean-Marie Magnin, va permettre de fabriquer de nouvelles machines plus perfectionnées. Thimonnier dépose un brevet pour une machine très sophistiquée, le « couso-brodeur » qui coud et qui brode 300 points par minutes. Cette machine sera présentée sept ans plus tard à la Foire de Paris, il remportera la médaille de première classe.

 

REMARQUEZ QUE L’ASSOCIÉ S’EST APPROPRIÉ L’INVENTION REBAPTISÉE « SYSTÈME MAGNIN »

 Après s’être acharné pendant 30 longues années pour faire connaître son invention, Barthélémy Thimonnier meurt à 63 ans, laissant sa famille dans la pauvreté. Il sera enterré dans la fosse commune. Quelques années plus tard, son corps sera déplacé et inhumé dans un monument qui lui est consacré. Comme de nombreux inventeur, il n’aura bénéficié de son vivant, des fruits de son invention.

LA FRANCE RECONNAISSANTE ; DOMMAGE QUE L’ANNÉE DE SA MORT SOIT ERRONÉE