
Depuis le XIXème siècle, les États-Unis échouent, malgré plusieurs tentatives, à accaparer l’île du Groenland. Ils ont pourtant réussi avec les Antilles danoises en 1917. Ce n’est pas nouveau, des tentatives ont eu lieu en 1867, 1910, 1946, 1955, 2019 et 2025. L’acquisition du Groenland est préconisée par les secrétaires d’État américain William Henry Sewarrd (1861-1869) et James F. Byrnes (1945-1947), et en privé par le vice-président Nelson Rockefeller (1974-1977), entre autres.
Quelles que soient les époques, les États-Unis avancent l’argument d’un territoire vital pour leur sécurité nationale. Au cours de la Seconde guerre mondiale, les USA investissent le Groenland pour empêcher l’Allemagne de l’utiliser après l’occupation du Danemark. L’armée américaine reste au Groenland après 1948 et le Danemark ne réussit pas à faire partir ce nouvel occupant. Un accord en 1951, donne aux USA un rôle important dans la défense du Groenland. En 2025, l’armée américaine maintien la base spatiale de Pituffik et participe régulièrement aux exercices de l’OTAN dans les eaux groenlandaises.

CAMP US CENTURY AU GROENLAND
Le Groenland est un territoire autonome au sein du royaume du Danemark, les autorités danoise et groenlandaises affirment publiquement le droit du Groenland à l’autodétermination et déclarent que « le Groenland n’est pas à vendre ».
La position du gouvernement Danois est qu’il appartient au Groenland de décider de son propre avenir et que le Danemark respectera le résultat d’un référendum. Le gouvernement danois finance en 2017 deux nouveaux aéroports pour contrer les investissements chinois. Le Groenland n’a pas d’armée, c’est l’armée danoise qui est responsable de la défense de l’île qui se trouve dans la zone d’influence de l’OTAN.

DRAPEAU DU GROENLAND
Le Groenland est une région semi-autonome du Danemark, qui est membre de l’OTAN et de l’Union européenne. Depuis son retour au pouvoir au début de l’année 2025, Trump a appelé à plusieurs reprises à l’annexion du Groenland : « Nous avons besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. C’est très stratégique. En ce moment, le Groenland est couvert de navires russes et chinois partout ». Et dans son langage toujours fleuri : « Vous savez ce que le Danemark a fait dernièrement pour la sécurité ? Il a ajouté un traîneau à chiens supplémentaire ».
La réponse du Danemark : « Cela n’a absolument aucun sens de parler de la nécessité pour les États-Unis de s’emparer du Groenland. Les États-Unis n’ont aucun droit d’annexer l’un des trois pays du royaume du Danemark » a affirmé Mette Frederiksen dans un communiqué le 4 janvier dernier.
Géographiquement parlant, la plus grande île du monde fait partie de l’Amérique du Nord. Avec le réchauffement climatique, des voies de navigation s’ouvrent dans l’Arctique, ce qui rend le Groenland encore plus important. De plus, Trump met l’accent sur les possibilités commerciales grâce aux ressources minérales, non exploitées par le Groenland.
En cas d’intervention des USA pour prendre possession de l’île, quelles seront les conséquences ?
Que dit le Traité de l’Atlantique Nord et le Traité de l’Union Européenne :
L’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord dit qu’une attaque armée contre un pays membre de l’OTAN, sera considérée comme une attaque dirigée contre tous, et que chaque membre est tenu de venir en aide au pays visé.
Il en est de même de l’article 42 du Traité sur l’Union Européenne.
Si les États-Unis attaquaient un pays de l’Organisation de l’OTAN, se serait la fin de tout. La sécurité mise en place après la Seconde guerre mondiale tomberait comme un fruit trop mûr.
Dans le cas présent, nombreuses marques de solidarité envers le Danemark. « Il ne peut pas y avoir de modifications des frontières par la force » a dit le porte parole de la diplomatie française. Les dirigeants des pays nordiques, Suède, Norvège et Finlande, ont publié des messages de soutien : « Personne ne décide pour le Groenland et le Danemark à l’exception du Danemark et du Groenland eux-mêmes ». L’UE continuera à défendre les principes de souveraineté nationale, d’intégrité territoriale et d’inviolabilité des frontières a déclaré une porte parole de la diplomatie européenne (combien de divisions ?). Le premier ministre britannique a affirmé qu’il soutiendrait le Danemark …
En janvier 2025, 85 % des Groenlandais s’étaient dits opposés à leur rattachement aux États-Unis.
Tout cela se sont des mots. Rappelez-vous : en 1939, la Pologne se retrouve bien seule face à l’Allemagne nazi et à l’URSS, malgré les alliances. De plus, les européens ont créé une dépendance en achetant des matériels militaires américains, particulièrement des avions F35.
François Bayrou a résumé la situation : « Autonomie stratégique, ça veut dire que nous pouvons décider de nous défendre par nos propres forces, sur notre propre décision. L’autonomie stratégique n’est pas acquise car il existe une disposition de droit américain, qui fait que des équipements, des armes acquis auprès des États-Unis ne peuvent être déclenchées s’il y a un veto des États-Unis … ».
Aujourd’hui, le réveil est difficile. La nouvelle donne avec Trump qui veut que l’Europe se prenne en charge elle-même, réduit à néant la défense des pays européens. La défense antiaérienne, les missiles Patriotes, l’avion de combat F35, certains blindés sont concernées. La France a sa propre industrie de l’armement, sauf pour ce qui est munitions, armes de poing et petit calibre. Le drone américain MQ-9 REAPER, appelé « la faucheuse » que la France a acheté aux Américains dont l’utilisation reste suspendu au bon vouloir de l’oncle Sam. Pour le défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées, le survol a nécessité l’accord de Washington. Situation provisoire en attendant l’Eurodrone en 2031.

LE DRONE REAPER
Il devient donc urgent de mettre sur pied une armée européenne. Mais cela nécessite dans un premier temps l’accord de l’ensemble des pays de L’UE. Ensuite, de renouveler les armements américains par des productions européennes. Cela représente un coût immense. Aujourd’hui, quel est l’intérêt d’acheter américain, c’est très cher, pas toujours performant, surtout sans garantie d’avoir un soutien le moment voulu.